Une liqueur de plantes se boit de deux façons : brute, pour aller chercher la plante elle-même, ou en cocktail, pour la mettre en scène. Les six liqueurs de la Collection Herboriste se prêtent aux deux. Voici comment.
Givré ou tempéré : la dégustation brute
La règle commune : ces liqueurs se servent très fraîches. Le froid resserre les arômes, gomme le sucre et fait ressortir le côté végétal. La plupart — menthe, sureau, gentiane, hysope — gagnent à sortir du congélateur, givrées à -18 °C : la bouche devient nette, sèche, presque coupante. La menthe surtout ne se tiédit jamais ; elle doit rappeler l'air du col.
Le génépi, lui, accepte deux écoles. Givré, il est vif et sec — une « purge de montagne », comme on dit ici. Servi dans un petit ballon à température ambiante, il se déplie au contraire lentement : herbacé, complexe, presque médicinal. Le sapin, lui, demande un verre tulipe qui concentre la résine, avec une simple tranche d'orange posée. À chaque plante son verre, sa température, son rythme.
Six cocktails à faire chez soi
Chaque liqueur a son cocktail signature — pensé pour la prolonger sans la masquer. Recettes données pour un verre.
Grog des Cimes — au génépi
Le seul cocktail chaud de la série, parfait après une journée dehors. 3 cl de Génépi (39 % vol), de l'eau chaude, une cuillère de miel, un zeste de citron. Le miel et le génépi se répondent ; le citron tient l'ensemble.
Clairière Spritz — au sapin
4 cl de Sapin (39 % vol), 6 cl de vin pétillant sec, un trait d'eau gazeuse, une demi-tranche d'orange. Un spritz résineux et frais, qui sent la forêt après la pluie.
Menthe Glacier Tonic — à la menthe
3 cl de Menthe (22 % vol), du tonic, des glaçons, une feuille de menthe. Cristallin, vif, désaltérant — le cocktail d'été par excellence.
Fleur d'Alpage — au sureau
3 cl de Sureau (22 % vol), 8 cl de Prosecco, un filet de citron, des glaçons. Floral et perlé, comme un matin d'alpage à hauteur de fleurs.
Amer des Sommets — à la gentiane
3 cl de Gentiane (19 % vol), de l'eau gazeuse très froide, un zeste de pamplemousse ou de citron. L'amertume noble de la gentiane, allongée et rafraîchie — l'apéritif des initiés.
Hysope Fraîche — à l'hysope
3 cl d'Hysope (39 % vol), une limonade légère, une rondelle de citron, des glaçons. Herbacé et tonique, à siroter lentement, comme on marche en balcon au-dessus de la vallée.
Quand les servir
Les liqueurs les plus douces — sureau, menthe — font de jolis apéritifs allongés. Les plus corsées — génépi, sapin, gentiane, hysope — se gardent pour le digestif, ou pour ces fins de soirée où l'on prolonge la table. Dans tous les cas, une règle : on sert peu, on sert frais, et on laisse la plante parler.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
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